Portugal 2026, retours

Retour du séminaire d’observation sensible de la nature,
Plantes médicinales

Ce séminaire proposait une immersion dans la nature préservée de l’Alentejo au Portugal, à travers l’approche développée par Goethe : L’observation sensible des plantes, leur métamorphose et la phénoménologie du vivant.

Nous avons arpenté les sentiers du domaine Freixo do Meio, engageant l’ensemble de nos sens dans la rencontre avec le monde végétal et naturel : observation des paysages, des plantes et du ciel, dégustation de feuilles et de fleurs, perception des parfums, écoute des oiseaux. La découverte des traces laissées par les habitants du néolithique a enrichi cette expérience d’une dimension historique et humaine.

Nos expériences sensorielles ont été approfondies et mémorisées grâce à différentes pratiques : esquisses, dessins, modelage et écriture. Ces activités nous ont permis de développer une attention plus fine aux formes, aux textures et aux rythmes du végétal.
Cette approche nous a conduit progressivement à une meilleure compréhension des qualités médicinales des plantes, abordées non pas de façon théorique, mais à travers une expérience directe et incarnée.

Ce séminaire nous a permis de renouveler profondément notre regard sur la nature. Une véritable métamorphose de la perception — fidèle, en cela, à l’enseignement de Goethe.

Un grand merci à nos formateurs ; Jean Michel florin, Sylvia Zillig, Fernanda Bothelo


Claire

Atelier d’écriture

Reflet d’une étoile 
L’arbre immense 
Émerveillée 
       
je goûte le nénuphar qui s’abreuve
Je chante la douceur du vert

Divers espaces liés, cachés, où la dormance des arbres nuance leur verticalité 
Divers arbres ont aoûté
Chantez cailloux étoiles nénuphars, les nuances des divers verts où se lient les arbres
Émerveillée 
Étoiles de l’espace, étoiles nénuphar, diversifiez les reflets 
La dormance du caillou chante l’invisible espace caché, chante chante l’immensité 


Catherine

Atelier d’écriture

Le lilas m’ouvre les sens
Dans le recueillement
Au gré du vent, au gré des saisons
Une porte, un monde, un visage
L’esprit ouvert vers la béatitude
Un pistil secret
Rêver

Scintillement
L’écho des divinités prend racine
La cigogne va vers la lumière
Néant
L’oiseau de mars sera divinité
L’aubépine pour dormir
Aller vers un amont cosmique
Le modelage métamorphose l’églantier
Dormir, voix, fol avoine
L’étamine se métamorphose
Oiseau
Amour, racine
Le scintillement de la fol avoine dans l’allée est une métamorphose cosmique
L’oiseau voix divine
Le clair de la racine fait écho à l’aubépine
La lumière modèle l’allée d’églantine


Murielle

Atelier 1 

Belle qu’elle est belle 
Elle prend l’attention
Elle brille de mille feux
Elle éclate de Bonheur
Qui vous donne le bien être
Le secret du Bonheur 
Le partager 

Atelier 2

Mouvement Rose
(Silence)
Une cohérence qui amène à la prose 
Une sensation qui me rend mauve et morose
La lumière du crépuscule m’emporte sur Orion
Le ciel se contracte sur un air de Bach
Les pigeons volent
Les rossignols se taisent 
Les bateaux s’ancrent 
Bacalao
Le parfum enivre
L’odeur de la menthe est présente 
Le pain chaud se mange 
Eau verte
Amère 
Une balade se termine 
La campagne verdoyante s’étend 
Silence


Caroline

Atelier d’écriture

Sur le monde merveilleux de la nature.

Je me sens libre.

Je pense à nous quand nous étions enfants

son visage s’illumine avec les rayons du soleil.

Quand la vibration nous traverse de part en part.

Il serait tendre comme son regard.

Respirer, se détendre et survivre encore un million d’années. 

Le vert de ton éclat, ton chant
La chaleur de ta lumière, nymphéa



Si, lance-toi Eglantine !

Vois-tu, cette sensation ?
Le lichen.

La Rayonnance, la vibration de ta peine.

Foisonnement des pensées.

C’est ainsi que se manifeste la diversité.

Regardes bien la délicatesse de ce sépale.

Ce que tu vois, c’est la coopération.

Frisson.

La feuille se détend
Le bourgeon.

Nymphéa

C’est ton parfum !

La délicatesse de ton essence

Lumineuse, Brillante, Comme toi.

Chère Églantine. 

Maroc 2025, retours

Textes des ateliers d’écriture Séminaire hypnose Maroc

Poème de la marche silencieuse

Là cette empreinte
Là où le soleil brûle
Là où naissent les traces
Là où le chemin me mène

respire le silence qui épanouit la caravane et qui libère la pensée
Là où dansent les mots, chantent les saveurs, subliment les nuances
Là où naissent les couleurs, les bruits des pas, les bourdonnements, le chant des oiseaux
Là où le feu brule ce qui est à laisser partir en fumée
le « nous » construit le « je »

Là après cette marche, au rythme de mon cœur 
je m’ajuste
Là où l’immensité rejoint le ciel plus loin.
Là où naissent les désirs d’un peuple nomade
Je m’ajuste
Là où il y a de l’horizon incertain, je marche,
trois temps pour alléger mon pas…
Là j’entends enfin la langue de cette terre.


Lexique au Musée des arts et tradition populaires

La fibule, de la terre à la lune
La lampe , mémoire de la perpétuation
Comme un thé d’ingéniosité et de magie

Terre sédentaire,
L’ingéniosité est thé
Perpétuation de la mémoire
Que la lampe Lune
Et que la magie fibule



Une carte postale pour Anna

Chère Anna, 

Le visage du Maroc est une symphonie, je traverse un désert de printemps, le vert sillonne.
Blanches sont les fleurs, lente est ma marche…
Je songe doucement à nous. 

Une carte postale pour tonton François

Au Maroc, l’immensité de l’air permet de se fondre dans la solitude, de s’écarter de ce trop d’équilibre, de se lâcher dans la transe, pour accueillir le vrai visage du calme à la fois croustillant et doux

Rallye des mots, Laetitia

Une marche sous le ciel du désert, verts, bleus les chèches colorent le paysage.
Des femmes chantent et rien ne parasite leurs voix.
Un homme chute, arrêté par une crampe, sa besace tombe, roule dans le sable, il n’est pas seul.
Le désert est là, c’est sa terre natale, son arche, une pause pain de sucre, un thé réconfortant.

Il repart…
Les dromadaires blatèrent et nous déblatérons.
Qui donne ? Qui reçoit ? 
La gazelle ne semble pas s’en soucier.
Ici, une respiration profonde se fond, s’amplifie.

Je soupire…
Marche lente jusqu’au campement, le souffle des nomades nous portent.
Le ciel menace, une pluie peut-être ?
Au loin les montagnes appellent 
Le sable n’envahit pas tout. 

Vivre, 
Dune en diaphragme.


Rallye des mots Fred

Un désert, l’erg, du sable, du sable, du sable, des dunes … mais trop de végétation ! Comment est-ce possible ?

De la pluie et des nuages, évidemment ! Les vendeurs de chèches mettent la clé sous la porte !

Des parasites opportunistes en profitent pour racheter leur fond de commerce et vendre des parapluies ! Mais avec toute la pluie qui tombe, les gens attrapent des crampes au bras à force de maintenir le parapluie ouvert au-dessus de la tête. Finalement, ils les rangent et les mettent dans leur besace. Ca crée une bosse qui déforme le sac de manière suggestive ! Ah, si c’était un pain de sucre, avec toute cette pluie, il fondrait et la besace aurait l’air plus respectable ! Toutes les gazelles ne me regarderaient plus avec cet air de ne pas y toucher en lorgnant avec insistance la bosse incongrue. Je marche en sifflotant, l’air de rien, pour tromper la spectatrice. Il y en a une qui s’approche de moi et m’offre une datte ! Je ne m’y attendais pas ! Comment réagir ? Je la prends, la déguste en remerciant la jolie demoiselle de son cadeau et crache le noyau à quelques encablures de là. Elle soupire, et je perçois son diaphragme qui monte et le mien qui descend ! Quelle histoire qui fera peut-être date !

Grèce 2024, retour

Chansons

N1
On habite dans nos quartiers, tout en haut de la vie
Vous ne nous voyez jamais dans notre sac de peau
Jamais seul et pourquoi
Pas le choix

Refrain

Où j’ai le révolutionne blues
J’aimerai pouvoir bien fonctionner
Qu’on me foute la paix
Où j’ai le révolutionne blues
J’aimerai ne pas être obligée
De vomir, de péter

N2
sur un air de Léonard Cohen SUZANNE
La Grèce nous emmène écouter les sirènes
Et même fatiguée
Elle veut bien nous parler
Surtout ne pas oublier
Ce souvenir du serment
Il nous montre le chemin
Nous convoque le matin
Une flamme brule dans nos cœurs (2)

 

Botswana 2022 : Claire, Élise, Céline

Poèmes

Au bord de l’aube naissante,
vogue le dos d’une éléphante.
Dans le safran du ciel,
s’envole une hirondelle.
Une Girafe, quelle élégance,
de son cou forme une anse.
Le phacochère n’est pas là quand se regroupent les impalas.
Mais nos zèbres chers, sûrs de leur vêtement,
paradent, assurément.

Claire – Dans le Bush


Le chant des hippopotames au soleil couchant
Les cliquetis des grenouilles se réveillant
Le rugissement des lions en s’endormant
Et au petit matin les guides nous accueillant.

Un troupeau d’éléphants d’un buch qui surgit
Tandis qu Une élégante girafe nous toise
Et qu’une bande de phacochères se cherchent des noises
La découverte du Botswana en safari
C est le retour au commencement de la vie.

Elise


La fraîcheur de la brise au petit matin
Dans les herbes hautes que le soleil dore
Je cherche ta robe fauve et tes yeux d’or
La quête sans fin du mystérieux félin

Céline

Sri Lanka novembre 2019, extraits d’atelier d’écriture

Il fait chaud,  dès les premières minutes la moiteur,  les odeurs de curry,  les bruits de klaxon des tuk-tuk. Immersion !
 Plage de Negombo : Remontée du filet des pêcheurs dans une chorégraphie puissante.  Plus loin des touristes imperturbables sur leurs transats . Dans la canope un funambule récolte le suc des palmiers,  les abeilles peuvent se rhabiller. 
Nous sommes les hôtes du Dr Kusum détentrice d’un savoir ancestral,  héritière de la médecine traditionnelle de son grand-père. Elle aime nous montrer le meuble pilulier enfermant toute cette connaissance des plantes récoltées, séchées,  rangées. 
Tout un programme pour se purifier le corps et l’esprit : massages, steam bath,  shidodhara.  Entrées dans le temple du Dr Kusum,  le mot d’ordre est « oublie tes pensées négatives dans le but de te purifier »  
Personnage émouvant,  bienveillant et très tactile. 
La médecine ayurvedique :  toute une philosophie d’équilibre entre le corps et l’âme…
 En route pour Bentota, la mer et ses masseurs.
Séance de diagnostic avec Dr Sutha qui nous prend le pouls.  Les jeux sont faits. Nous savons toutes qui est Vatha, Pitha , kapha. Ces doshas sont basés sur les 5 éléments : air, eau, terre, feu, espace.
Levées aux aurores,  nous testons notre souplesse au yoga avec Dinesh – inhale, exhale-
 on se masse en binome : le cou, le dos, la tête, tout y passe.  Esttuti !
 Du matin au soir nous y mettons tout notre coeur.

Lanka épicé
Boudha doré vénéré
Le ciel coule et pleure

Emportée par l’onde
de la mer couleur safran
au soleil couchant

Deux mots retenus
ayubowan, estuti
beaux comme ce pays

Eléphant puissant
se balance comme un enfant
touchant, émouvant

Retour de Chine 2019, par Béatrice

Avant de partir, j’avais un peu préparé le voyage: appris un peu de chinois (« où sont les toilettes ? »; finalement, le chinois, ce n’est pas du chinois !), lu, visionné des documentaires. Je partais donc dans une dictature capitalo-communiste. Sans nier la réalité, j’ai quand même eu quelques surprises. La première, et non des moindres, c’est de découvrir des drapeaux tibétains dans la cour de nos hôtesses. La seconde, de faire connaissance avec leur voisine du dessus, une taïwanaise venue créer une entreprise de pépinière (pas une pépinière d’entreprises !). La troisième, de n’apercevoir que quelques policiers bonnasses assis au coin d’une rue en train de jouer avec leurs portables, et non une police omniprésente et peu amène.
Certes, nous avons visité une Chine un peu carte postale, les trois pagodes sur fond de montagnes avec, au premier plan, les cerisiers en fleur, la vieille ville préservée de Dali enserrée dans ses remparts, le village typique de Shanxi aux maisons en pisé nous rappelant notre Dauphiné, les images millénaires de paysans courbés dans leurs petits champs sous leurs chapeaux de paille coniques, les paysannes se rendant au marché, portant sur l’épaule la perche permettant de suspendre deux paniers d’osier.
Tout cela, mais aussi les rues silencieuses parcourues par des voitures électriques, les caméras de surveillance partout, jusque dans les monastères pluricentenaires ayant survécu à la Révolution Culturelle, les logiciels de reconnaissance faciale jusque dans les toilettes publiques pour obtenir une ou deux feuilles de papier hygiénique, les jeunes chinois affables et désireux de rendre service, ne parlant pas un mot d’anglais mais sortant leur application de traduction instantanée…le portable étant par ailleurs surutilisé, pour payer, avoir la paix avec les jeunes enfants capables de se faire des selfies dès l’âge de deux, se désennuyer au fond de son échoppe ouverte 7/7, 12 h par jour ! Des villes moyennes de dix millions d’habitants avec des immeubles de dix étages dans les quartiers anciens, trente dans les quartiers plus récents, 50 ou plus dans les quartiers modernes… Mais cela, nous n’avons pas visité .
Bref, un pays de contrastes! Enfin, ce pour quoi nous étions venus, la MTC ou médecine traditionnelle chinoise, étant bien encore actuellement une médecine de premiers recours, ayant elle aussi survécu aux affres de la Révolution culturelle. D’ailleurs, ayant goûté à tous les traitements, je ne m’en porte que mieux actuellement!
Alors, quoi de mieux que la pratique du chi gong pour trouver la paix intérieure et connecter ses racines aux pousses de l’avenir ?

Mongolie, juin juillet 2019, Nathalie

COMPTE RENDU DU SÉMINAIRE «  AUX ORIGINES DU CHAMANISME »
MONGOLIE JUIN/ JUILLET 2019

Ce séminaire avait pour objet l’immersion dans la culture mongole et la découverte du système de soins où le chamanisme retrouve une place de plus en plus importante après les années de domination russe.
Il y a eu 2 sessions d’organisées : L’une du 25 juin au 9 juillet réunissant 14 participants dont 13 médecins, le comédien Bernard Laborde et moi-même ; L’autre du 9 au 23 juillet réunissant 11 participants (dont 8 médecins), le comédien Franck Dautais et moi-même. Nous avons été accompagnés pour les 2 sessions par la même guide interprête Oyun, parlant français et qui a parfaitement rempli son rôle de traductrice mais aussi d’organisatrice, de facilitatrice de la d écouverte de la culture mongole, étant tout à fait disponible pour répondre à toutes nos questions. Elle a par ailleurs participé à tous les ateliers proposés. Nous avions 3 chauffeurs (et donc 3 véhicules) pour la 1ère session et 2 pour la seconde. C’étaient des camions russes adaptés pour rouler dans la steppe et passer partout y compris dans les rivières lorsque c’était nécessaire !

Les méthodes pédagogiques utilisées étaient :
Immersion et observation, outils de base de l’anthropologie.
– Immersion dans les familles nomades par petits groupe (4 à 5 personnes) permettant la découverte du mode de vie et de la culture mongols
– Visites d’un hopital et d’une clinique de soins traditionnels permettant de découvrir le système de soins mongol et l’épidémiologie
– Rencontres avec des chamans et participation à des cérémonies (4 pour chaque groupe)

Ateliers théâtre pour stimuler la curiosité et la sensibilité, développer la capacité à être dans le moment présent et être ouvert à ce que l’on peut recevoir sans passer par le filtre du mental, accueillir la différence.
– Travailler la diction
– Restituer l’expérience

Travail à partir d’un poème mongol. Environ 1 jour sur 2, différentes propositions à partir de vers choisis par les participants, travail par 2,3 ou en grand groupe pour l’accordage, la dynamique du groupe, la finesse du ressenti (mise dans un état de réceptivité)

Lecture quotidienne d’un conte mongol par les participants : Travail sur la diction,connaissance de la culture, dynamique du groupe.

Pour l’organisation logistique de ce séminaire, j’ai choisi l’agence locale franco-mongole Ciel mongol dont nous avons été très satisfaits

Déroulé :

J1 Accueil des participants très tôt le matin (vols de nuit) transfert au Voyage Hotel de Oulan Bator
Repos
En fin de matinée nous partons déjeuner puis à la clinique Mongem. Nous sommes accueillis par le médecin responsable, fille du fondateur de la clinique, qui -bonne surprise- parle parfaitememnt français. (Le mongol est une langue impossible à comprendre encore moins à prononcer tellement riche de sonorités incroyables!)
Elle nous présente lors d’un exposé, la médecine traditionnelle mongole, mélange de médecine traditionnelle chinoise (acupuncture), de médecine ayurvédique (massages), de phytothérapie utilisant uniquement des plantes poussant en Mongolie et de médecine tibétaine. C’est une clinique de 40 lits. S’en suit un échange très intérressant.
Ceux qui le souhaitent peuvent bénéficier d’un soin, c’est le cas de 10 personnes. Le soin consiste en interrogatoire, prise de la PA et des pouls, prescriptions : Selon les cas phytothérapie et/ou massage et/ou acupuncture avec parfois moxas.
Le soir après le diner nous nous retrouvons pour de plus amples présentations (nous avons choisi de faire cet atelier le soir car le matin les participants étaient trop fatigués par le voyage de nuit et un temps de repos était indispensable)
Chacun est invité à se présenter à partir d’un objet (ou de sa photo) qui lui est cher et/ou qui le représente puis je présente le programme et surtout les différentes méthodes pédagogiques qui vont être utilisées lors du voyage.
Ensuite chacun prend connaissance du poème puis lecture commune.
Enfin le comédien fait différentes propositions d’exercices en cercle visant à introduire les ateliers et à l’accordage du groupe.
Nuit à l’hôtel

J2 Visite d’un hôpital de discrit à Oulan Bator. Accueil par le médecin chef, là encore une femme, 80% des médecins mongols sont des femmes. A partir d’un power point le médecin nous explique le système de soins mongol,le fonctionnement de l’hôpital, les différentes pathologies rencontrées puis temps de questions/réponses et visite des différents services.
Après le déjeuner, rencontre avec des chanteurs de chant diphonique, spécialité de la culture mongol, dans une école de chant. Très bon accueil, explication de la technique et démonstrations. Certains s’y essaient avec peu de résultats… !
Puis nous partons pour le parc Khustai à 2h de route de la capitale. Ce parc abrite les chevaux sauvages de Przewalski que nous allons observer après le diner au coucher du soleil.
Lecture d’un conte.
Première nuit sous la yourte par 2 (camp de yourtes)

J3 Atelier poème puis visionnage d’un film explicitant la création du parc Khustai et la réimplantation et la protection des chevaux sauvages Przewalski.
Départ pour le petit Gobi.
Atelier théâtre dans les dunes dans un décor naturel exceptionnel. Plusieurs propositions travaillant principalement la confiance.
Nuit en 3 groupes chez des familles nomades.

J4 Les 3 groupes se retrouvent sous une pluie battante pour visiter un monastère puis atelier théâtre sous une grande yourte (météo oblige) . Cette fois travail de la diction, création d’une histoire à 3 et jeu.
Conte
Nuit en famille (nous sommes tous dans la même famille répartis en plusieurs yourtes d’hôtes)

J5 Atelier poème
puis départ pour Olziit
En chemin arrêt à Karakorum, visite du musée et du magnifique monastère d’Erdene Zuu.
Arrivée tardive à Olziit et répartition en 3 familles au milieu d’une nature magnifique pour 3 nuits

J6 On se retrouve le matin en grand groupe pour aller rencontrer la chamane Ganjigur qui nous reçoit chez elle et nous explique comment elle est devenue chamane à la suite d’une longue maladie. Temps de questions/réponses puis programmation de la cérémonie du lendemain qui aura lieu chez ses parents dans la steppe à 15 km du village. Visite du village et achat du « matériel » demandé par la chamane pour la cérémonie : 1 bouteille de lait, 1 bouteille de vodka , du beurre jaune pour les bougies et une écharpe de cérémonie.
Puis retour dans une des 3 familles qui a préparé un repas festif de mouton grillé sur des pierres chaudes, un régal, le tout arrosé de vodka, si si notre hôte y tient ! Puis atelier théâtre avec nos hôtes mongols. Grand moment joyeux de partage et de rires gràce à la traduction de notre guide-interprète Oyun. Nos hôtes sont ravis et se prêtent au jeu avec beaucoup d’enthousiasme.
Conte
Retour et nuit dans nos familles respectives

J7 Jour de notre première cérémonie chamanique. Nous avons rendez vous avec Ganjigur. Nous passons la prendre puis nous nous rendons chez ses parents à travers la steppe.
1er temps de la cérémonie : Rituel de purification : on nous lave avec de l’eau chauffée avec un mélange de plantes et versée sur des pierres chaudes puis à l’extérieur en demi cercle, on nous demande de procéder à differents rituels : jeter du beurre et une poudre de plante dans le feu, puis jeter dans 8 directions du lait puis de la vodka en répétant son prénom. Pendant ce temps Ganjigur, revêtue de son habit de cérémonie virevolte autour de nous en jouant du tambour.
Puis nous rentrons sous une yourte. Là Ganjigur a installé tout le matériel nécessaire au rituel et les offrandes pour les esprits. Chacun est invité à passer devant elle et reçoit « un soin » . tout le monde joue le jeu sauf une personne. La cérémonie dure jusu’à 16h mais nous avons l’impression d’être hors du temps.
Lorsque la cérémonie prend fin nous mangeons le repas préparé par nos familles respectives (organisation parfaite) puis en rentrant nous nous arrêtons dans un bel endroit de la steppe pour débriefer. Chacun prend la parole et s ‘exprime sur son vécu de la cérémonie qui a été riche en émotions.
Puis 3ème proposition pour le poème
Retour en famille
Dans notre famille, nous assistons au dressage d’un cheval : pour la première fois on lui passe un mord, on met la selle, puis 1ère monte (après plusieurs essais et une patience incroyable) et puis grand galop dans la steppe dans un décor idyllique le soleil se couchant au fond de la vallée!Mémorable !

J8 Grande journée de piste à travers la steppe pour rejoindre la ville de Moron. Pique nique au bord d’une rivière.
Lecture d’un conte
Diner et nuit à l’hôtel

J9 Atelier poème au palais de la lutte de Moron !
Puis court transfert jusqu’au bord du lac Kogsvol
Installation en camp de yourtes pour 3 nuits.
Atelier théâtre
Conte

J10 Rencontre avec Enkthuya, grande chaman de Mongolie, de l’ethnie des tsaatans. Elle a été le sujet de plusieurs livres notamment de Corinne Sombrun, Les tsaatans sont éleveurs de rennes, il n’y a plus que 40 familles Tsaatans. Brigitte, chaman française initiée par Enkthuya, auteur du livre « La chamane qui lit sur les visages » est présente et nous permet de mieux comprendre les différents aspects du chamanisme.
Sous le tipi d’Enkthuya, chacun se présente, temps d’échanges et de questions.
Puis nous partons pour le grand Ovoo du lac, fameux lieu de cérémonie. En chemin, nous nous arrêtons pour acheter le matériel demandé pour la cérémonie. Cette fois : 1l de vodka, 1l de lait, des bonbons, des cigarettes, des écharpes… !
Le grand ovoo est un lieu très impressionnant, un ovale en peine forêt, bordé par des structures en bois comme celles qui forment l’armature de tipis recouvertes d’écharpes de toutes couleurs.
Sont présents les chamanes Enkthuya et Brigitte, 3 apprentis chamans, une dizainede mongols venus assister à la cérémonie et notre groupe. Nous sommes assis en ½ cercle. Les chamans sont habillés par leurs « touchis » : bottes, grand manteau recouvert de tas d’objets ayant chacun une signification, puis bandage des yeux et pose d’une coiffe ornée elle aussi de différents éléments tels que des plumes d’aigle, des bois de rennes…Puis les chamans jouent du tambour pour appeler leurs esprits, leurs touchis respectifs les tiennent pour qu’ils ne tombent pas ni se blessent pendant leur transe. Nous regardons ce spectacle fascinés….
Retour au camp de yourte et débriefing : Chacun s’exprime sur son vécu de la rencontre et de la cérémonie.
Conte

J11 On retourne au tipi de Enkthuya et cette fois débriefing en présence des chamanes. Bien sur cette fois ce ne sont pas exactement les mêmes choses qui sont dites.
Puis organisationd’une nouvelle cérémonie, cette fois aux 13 ovoos à proximité du tipi d’Enkthuya.
En attendant la préparation de la cérémonie, atelier poème.
Puis nouvelle cérémonie et cette fois chacun la vit « plus intérieurement » en fermant les yeux
Retour au camp
Débriefing
Conte

J12 C’est le premier jour du festival des rennes de l’ethnie Tsaatan, Enkthuya grande figure de son ethnie a déplacé son tipi sur le lieu du festival un peu plus loin au bord du lac. Nous nous y rendons ce qui nous permet d’assister au montage de tipis et de voir beaucoup de rennes, animaux très pacifiques.
Nouvelle cérémonie, débriefing cette fois individuel avec Brigitte.
Puis nous assistons à quelques spectacles du festival (chansons, danses, jeux traditionnels)
Retour au camp,
Atelier théâtre
Les consignes sont données pour la restitution : En 3 groupes, les participants sont invités à restituer le séminaire sous forme théâtrale à partir de toutes les expériences vécues et du contenu des ateliers
Débriefing
Conte

J13 Départ pour Moron où nous allons prendre un vol de retour pour Oulan Bator
En chemin repas et dernier atelier poème
Vol intérieur, transfert à l’hôtel

J14 Matin 1h30 pour préparer la restitution (les participants ont commencé à réflèchir pendant les temps d’attente à l’aéroport) puis restitution : Chaque groupe présente sa petite création.
Puis tour de parole et chacun s’exprime sur le ressenti du séminaire
Après midi libre
On se retrouve à 18h pour un spectacle de chants et danse traditionnels de grande qualité
Diner festif. Fin du séminaire

J15 Départ pour la France

Le programme de la seconde session était identique à ceci près que :
L’itinéraire s’est fait dans l’autre sens en commençant par le lac Kogsvol et la rencontre avec Enkthuya ( nécessaire car il était impératif que Brigitte soit présente auprès d’Enktuya, celle-ci n’acceptant de recevoir des groupes de visiteurs étrangers qu’en sa présence)
Les dates correspondaient aux fêtes du Nadaam, grande fête nationale mongole avec des jeux traditionnels : lutte, tir à l’arc, course de chevaux…auxquels nous avons pu assister
Le comédien Franck Dautais a proposé des ateliers théâtre utilisant plutôt les techniques de l’improvisation.
Cette fois, dans ma famille à Olzit nous n’avons pas assité à la première monte d’un cheval mais aux soins de dentisterie pour les chevaux de 2 ans. Certains ont une ou 2 dents surnuméraires qui les gènent et sont arrachés à la pince, cheval couché après avoir été attrapé au lasso. Très impressionnant aussi !!

Commentaires : Dans l’un et l’autre groupe les participants étaient enchantés de ce séminaire.
J’ai particulièrement été touchée par les paysages de la Mongolie et ce peuple très accueillant qui a un rapport tellement direct et simple avec la nature et les animaux, alors que les conditions de vie sont loin d’être faciles surtout en raison de la météo (les températures peuvent descendrent jusqu’à moins 40 l’hiver)
De même notre intégration aux cérémonies chamaniques et dans les familles nomades s’est faite d’une manière très simple. Le professionalisme de notre guide interprète Oyun ainsi que de l’agence Ciel mongol, l’accueil des différentes personnes rencontrées, tout ceci a permis une dynamique de groupe exceptionnelle, renforcée par les méthodes pédagogiques utilisées, toujours un peu expérimentales dans les séminaires que je propose !
Petit bémol : Le premier itinéraire était plus adapté car l’immersion était plus progressive et la rencontre avec Enktuya s’est faite en fin de séminaire alors que la cohésion et la dynamique du groupe étaient très bien installées, ce qui était plus confortable pour « plonger » dans les cérémonies chamaniques.

Nathalie Leconte

Mongolie, juillet 2019, Bernard

Extraits du journal de Bernard

JOUR 1
On peut considérer que c’est le premier jour !
j’ai pu m’échapper du groupe ce matin pour marcher seul, m’acheter des clopes, seul, tirer du fric, seul, et regarder la vie, là. Un quartier vraiment populaire avec des échoppes plus ou moins improbables où se vendaient et se bricolaient bois, ferraille et quincaillerie et matériaux en tout genre !… Les hommes au travail avec toute leur impudeur et leur façon d’être là, vivants et suants et non méfiants. Dans la zone, comme en Afrique !
En plus, la chaleur et le fourmillement aidaient à penser ça. C’était bon, j’ai commencé à me sentir à ma place. Y a un bon feeling avec les Mongols. Personne n’essaie de te vendre quoi que ce soit ! pas d’arnaque en vue, donc de l’apaisement, rassuré !
Repas franchement délicieux et partagé autour d’une immense table ronde puis démonstration plutôt sympa de chant diphonique, deux jeunes, tranquilles, dans leur école de chant, un appartement au troisième étage d’un immeuble. Les gens du groupe sont sympas, on a essayé un peu, le chant mongol, sans succès bien sûr.
Et puis nous sommes partis, enfin ! et dans trois minibus plus qu’improbables, des espèces de véhicules brutaux russes, hauts sur roue et très, très sobres (l’intérieur fait penser aux vieilles 2 CV) mais confortables et… sûrs !
Quitter la ville, les faubourgs, espèces de favelas avec cabanes colorées et yourtes mélangées.
Et puis une longue route droite, toute droite, qui s’enfonce dans le no man’s land, steppes à l’infini, semi-montagneuses, avec de temps en temps des camps de yourtes.
Et puis nous avons pris la piste, ils roulaient à fond, traversant la steppe comme un cheval fou et joyeux de pénétrer dans cet univers où le regard glisse sur les vallons ratiboisés mais pas arides, rien à voir avec l’Afrique ! sensation d’un endroit où l’homme n’a pas encore pénétré !…
Sensation délicieuse de voyager, de pénétrer avec la sensation d’être accueilli ! j’étais comme le véhicule, comme le cheval fou, et gai, et heureux ! je suis content d’être là, je commence à trouver ma place, à trouver la bonne distance avec les autres, ni trop, ni pas assez !
On a lu un conte, c’était bien, avec les autres…
Je dors dans la yourte, avec Nathalie, c’est cool. J’espère que je vais bien dormir. Je vais penser à ces chevaux, sauvages, mais… pourquoi on est là ? à prendre des photos ?
A demain.

JOUR 3
Ça y est, le temps a changé, c’est du sérieux, vent balaise avec pluie fine, grêle et la température en chute (libre…) et les nuages sur nous… plus d’horizon, bref, une autre réalité ! On décolle, on se serre, on se réchauffe…
Evidemment, là, c’est plus pareil, il pleut, il fait froid, y a du vent… Et la brume nous enlève l’horizon. Dans le camion à se tenir dans les cahots et les sursauts, y a des fuites au plafond, on essuie continuellement la buée pour y voir dehors…
Au détour d’un amas de rochers se découvre une espèce de cirque rocailleux qui émerge de la steppe. Temple bouddhiste, avec ses drapeaux, ses couleurs or, orange et rouge. On s’arrête et on visite, temple principal en ruine et d’autres tout petits retapés. C’est sympa, mais il pleut, fort. Boutique « Art shop » évidemment, au milieu de nulle part ! Tu te demandes comment les deux ou trois personnes là viennent bosser le matin ? En fait, y a une yourte, évidemment ils dorment là ! Boutique plutôt sympa, je trouve de l’encens, du vrai. J’en prends !
Route encore, au milieu de nulle part et on arrive vers 12 h chez notre nouvelle famille. Six yourtes dans la plaine en bordure de rocs, quatre cents têtes de bétail, vaches, chèvres, chevaux et moutons. Quatre à six personnes, et quatre à six gosses. L’accueil, comme d’hab, est franchement chaleureux mais sans aucune exagération ! J’aime beaucoup.
On mange, la pluie cesse et devient intermittente, comme moi ! (…). On fait un atelier théâtre. J’en n’ai pas encore parlé, mais j’essaie, dans le fun, de les rendre plus sensibles et moins dans leurs certitudes… et ça marche… c’est sympa…
L’atelier, on le fait dans notre yourte (cinq mètres de diamètre, cinq lits à une place) because le mauvais temps ! Puis on finit dehors (accalmie) pour leur faire porter la voix !!! Ensuite, pause, et je me suis extirpé au lointain, assis dans la steppe, face au sud, relaxation bienvenue, je respire, mon regard porte loin, si loin, et le ciel, le ciel est extraordinaire, si grand, si loin. Je ferme les yeux… je les rouvre : je suis entouré de « chiens de prairie », sorte d’octodons, debout sur leurs pattes, intrigués, qui me regardent… Je ne bouge pas, eux, rassurés, commencent à s’affairer, ils sont dix, quinze, vingt, aussi loin que porte mon regard, y en a partout !! Je bouge pas, c’est génial de les voir vivre. Le sol est truffé de trous, il doit y avoir des kilomètres de galeries dessous !… Je bouge un bras ! Pfuit ! Plus personne, tout le monde se précipite avec leurs petites pattes et disparaît dans les trous ! Je reviens tranquille au camp, repas cool, tous ensemble, soupe aux légumes et mouton, et du yaourt, évidemment. Chanson et dodo ! En fait, on est chez le père du médecin – l’oncle, et son fils sont là.

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JOUR 4
Et personne, personne à l’horizon ! Juste une piste qui traverse, tout droit, et tu avances. De temps en temps, une yourte avec un troupeau et basta. Tout est très apaisant ! « Ecoute le silence » comme dirait la Chamane. Là, je suis assis à une table fortuite dans la yourte à cinq lits de la famille qui nous accueille, à la lumière solaire, avec un petit verre de vodka. Les autres (Nathalie, Caroline, Didier et Sophie) lisent, couchés avec leur frontale, le poêle dispense une grosse chaleur, il est 22h30, la nuit est tombée et je vais me coucher. Le poêle va s’éteindre alors gaffe, mon duvet n’est pas suffisant (ça y est je le sais…) donc je vais m’habiller pour pas cailler ! J’espère que je vais mieux dormir. Demain debout 7h, départ 7h30. Rendez-vous avec la chamane à 8h30 dans une yourte plus loin, plus proche du village. Ici, vision de Paradis, ruisseau, petites montagnes avec mélèzes… Un peu comme en haute montage chez nous ! Mais y a les Mongols !

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JOUR 6
Grosse fatigue ce soir, mais c’était bien ! On a retrouvé tout le monde et on est allés au village chercher la chamane et re trente minutes de piste pour aller sur le lieu de la cérémonie ! Accueil par sa famille (un vieux, un jeune homme, son assistant et un grand gosse). Et on nous a servi le thé au lait de bienvenue, et les gâteaux secs, et des morceaux de fromage en dés séchés, immangeables tellement ils étaient durs !
La chamane se prépare, cérémonie dehors (avec tambour et masque, assez impressionnant !…) où on participe, on jette du matos dans le feu (beurre jaune, herbes, etc.). La chamane virevolte et crie autour et dans tous les sens, les autres s’affairent autour, tout le monde semble trouver tout ça assez normal, tous étaient très attentifs !… Etonnamment simple en fait !
Et puis dans une des deux yourtes, genre sauna, on s’y déshabille tous et la vieille et le vieux nous submergent d’une eau chaude genre soupe avec des épices (genévrier) et du gras genre mouton ?… Assez dégueulasse mais bon, au bout du compte ça le fait, sensation assez agréable sur le corps, et faut pas essuyer et faut pas se laver avant demain ! C’était assez fun, et plutôt émouvant, de se retrouver tous awalpé sous cette yourte (que des vieux sauf quatre jeunes, et je nous trouvais plutôt assez beaux, tous !…).
On se rhabille et hop, sous l’autre yourte, tous assis avec la chamane assise au fond et chacun passe à son tour : rituel, chaleur dans les mains, etc. La chamane avec son masque parlait une autre langue, celle d’un vieux , et son assistant qui traduit, en Mongol, et OYUN qui traduit en français etc… Y a eu des moments forts, larmes et crises de battements de cœur pour certains (les deux jeunes filles…), et le temps qui s’étire, une heure, deux heures, trois heures, quatre heures, et on le sent pas passer (étonnant).
Et cette impudeur (comme en Afrique) du soin collectif !… J’y suis passé, un peu déçu, je voulais être prêt mais je n’ai pas ressenti grand-chose… dommage. Je lui ai dit que j’avais mal au genou, des problèmes de souplesse au niveau des hanches, un déséquilibre global… Elle a repéré l’opération (lui avais-je dit ? non !…) et m’a dit que c’était la cause, m’a dit de continuer, de continuer de faire (ou c’est moi qui le pense ? je ne sais plus). Elle m’a chargé la main droite en énergie pour que je puisse faire un posé main gauche dos / main droite ventre (là où y a ma cicatrice ! (le savait-elle ? je ne crois pas…) pour drainer tout ça ! Et c’est tout, j’appréhendais bien sûr des considérations plus personnelles, plus violentes, du genre « arrête de mentir, de te mentir, change de vie, tu n’aimes pas Mireille, etc… », mais bon, rien ! Ouf !…
En fait, je pense qu’il faut que j’arrête de flipper, de me plaindre et que je peux me faire confiance. Ah ! Je suis content et enthousiaste pour la suite de ma vie. J’ai bon espoir, ça va le faire !!!
Ce soir, c’est très calme, tout le monde est nase. Dodo, vite, demain petit déjeuner à 7h et départ, sept à huit heures de route et de piste vers le lac au nord de la Mongolie ! On va encore changer de lieu, et d’espace.

Je leur ai fait un atelier sur l’invisible et sentir l’autre (épopée de l’aveugle) et c’était bien. Après toutes ces routes, ça nous a fait du bien à tous ! Ils commencent à comprendre le but de mes ateliers, et c’est cool. Ils sont de plus en plus calmement réceptifs !

Seul hic, il pleut comme vache qui pisse ! et ça commence à mouiller sérieusement.

JOUR 9
Ça y est, ce matin on part voir Entekuya. Grosse surprise, on déboule au col où on s’était arrêtés en arrivant avec tous les vendeurs à la sauvette, et… Enketuya est installée ici ! ça alors !!!
Derrière, un peu au fond, sous un tipi, on entre et vraiment feeling de ouf ! Il pleut à verse dehors et bien sûr, c’est un peu humide ! mais l’âme est là. Et une ambiance étonnante ! aucune frime ! C’est comme ça, ici, en Mongolie, aucune frime, pas de hiérarchie, personne se la pète, et ils se fendent la gueule, putain, aucun problème de contact avec eux !… Communication, oui !, mais pas de problème de contact. Etonnant.
Et puis y a Brigitte, la Française, qui a écrit le bouquin. Accueil simple, chaleureux, et à tous, sous le tipi. Discussion simple, autour du poêle, Enketuya qui se fend la gueule, et qui fait des vannes. Y a aussi Anne, une autre Française (de Moissac !) qui est là, depuis le début avec Brigitte, et pareil, aucune frime, elle sait qu’elle n’est pas « à la hauteur » de Brigitte, mais elle s’en fout !
Et on décolle tous pour une cérémonie globale sur l’ovo du lac (150 km de long sur 45 km de large) et on part, on sait pas quand on va manger, on sait rien en fait !… Mais on s’en fout ! Et re une heure de piste au travers de la forêt et on débouche dans un endroit… étonnant (je sais plus comment dire…), un lieu dans la forêt de mélèzes avec des espèces de tipis ouverts, en cercle qui, du coup, font comme une cour avec un espace au milieu. Ils préparent un grand feu. Tous les tipis autour sont décorés de foulards et tissus de toutes les couleurs, délavés, et les chamanes se préparent, et le feu prend de l’ampleur. Et boum boum et d’autres, Anne et une Italienne complètement ouf (on dirait Elton John), qui jouent de la guimbarde et tout le monde qui s’affaire à tout ça dans la plus parfaite bonne humeur, et les corbeaux qui croassent, et ça démarre petit à petit, aucune frime toujours, les chamanes (Enké et Brigitte) démarrent leur danse au tambour, entourés de ceux qui les retiennent (ils sont aveuglés par leur masque) et ça frappe, et ça guimbarde, et ça brûle, et ça pue, et ça le fait.
Je suis là, vraiment, à côté de Nathalie, et nous participons, pas seulement spectateurs, participons à l’énergie globale (c’est eux qui nous le disent, ils ont aussi besoin de nous que nous d’eux pour qu’un esprit arrive et prenne possession !!!). Je ne ressens pas grand-chose, si ce n’est une super énergie. Je me concentre, je m’ouvre. Je suis là et pas ailleurs, merde !!!
Brigitte la chamane, s’avance peu à peu dans sa danse. Je me concentre sur l’instant. Je participe, je sens (yeux fermés) une énergie forte, fulgurante, qui me propose un tunnel dans lequel s’engouffrer, c‘est très fort, c’est super (mais j’ai la sensation que je peux ressentir ça chez moi, en me concentrant…), et puis bam ! je me prends le bâton de Brigitte la chamane sur la lèvre, rien de grave, mais ça me réveille tout de suite, j’ouvre les yeux, c’est une erreur de son Toshi (qui la retient), trop près ! Je me demande si c’est un signe, Bri s’arrête, suspend son bâton sonnant autour de moi et dégage sur le côté. C’est juste un incident, pas un signe me concernant ! même pas ! et merde ! Dommage, mais c’est pas grave, on s’en fout, y a pas de hasard !!!

…/…

C’est normal, c’est normal qu’on soit tous touchés et concernés par les mêmes choses, après tout on vit tous plus ou moins les mêmes joies, les mêmes problèmes, les mêmes émotions. Oui, je penche pour cela, rien de grave, l’important est de rester sensible à ce qu’il se passe autour de nous, mais ne jamais perdre le sens de soi, ce petit bonhomme dont parle Mireille, et quand je veux poser la question « est-ce que je dois suivre le chemin que je sens qui se présente aujourd’hui ou est-ce que je me mens à moi-même ? », en fait la réponse est en moi, je sais la réponse, déjà, j’ai qu’à l’entendre ! elle est en moi ! Oui ! Je vais suivre le chemin que je sens qui se présente à moi aujourd’hui !!!
Grand balaise et petit merdeux, on est tous pareils, égaux, sur le même plan, et VIVE L’ANARCHIE !!!

JOUR 10
Y a quelque chose qui se passe, je commence à avoir envie de rester plus longtemps, je commence à décrocher des ateliers théâtre, je commence à avoir envie d’être totalement disponible à ce qu’il peut se passer…
Retour sous le tipi d’Enketuya, toujours aussi bon accueil, cette bienveillance, on s’explique.
Le coup de mailloche sur la lèvre, me dit Brigitte, ça devait être un petit rappel « ho ! tu es là ? arrête de penser, arrête d’observer, sois ouvert, réceptif ! ». Pas con. Je pense qu’elle a raison. Je travaille à être là, dispo, mais quoi ? Pas besoin d’y travailler, sois-le et puis basta ! Et, la petite honte et vexation passée (quel regard !), je m’apaise, tout va bien. On repart pour une cérémonie collective, peu de préparation dehors (il fait beau). Je joue et compare ma guimbarde avec Anne, Brigitte m’invite à en jouer avec eux pour la cérémonie « Enketuya sera ravie si tu joues avec nous ! ». Non, pas possible !… Je fonce, et je m’éclate, j’apprends en plus, tout va bien, je sens que je suis moins sur la tension, sur l’objectif, il se passera ce qu’il se passera…
Ça retape, tambour, transe, je retourne m’asseoir avec les autres, je ferme les yeux, je fais le vide, je sentirai ce que je sentirai, c’est tout ! Et là, je vole… Je passe les détails … et j’ai eu un flash qui me desserre enfin le cœur. Je vole, si vite, si bien, si haut, que c’est pour ça que c‘est pas un problème si je retrouve plus mes jambes : je vole ! Merci. Quel soulagement !
Brigitte nous appelle, Nath et moi, nous dit qu’Enketuya lui a dit qu’il y a deux chamanes dans le groupe, Nathalie et moi ! Je suis tellement dans la sensibilité que j’accueille, je comprends, ça ne m’étonne même plus, c’est pour ça que j’ai la sensation de faire du bien aux gens, de les « réparer » ou du moins d’être poussé à ça (les ados et tout et tout…). J’accepte, je vais aller vers ça !
Brigitte me demande ce que j’ai vu, de la lumière qui brille, qui brûle, des paysages qui défilent sous moi à toute vitesse sans s’arrêter vers un horizon qui brûle, qui grille de lumière et j’avance, et j’avance, en fait je vole. Et… Je lui dis pour mes jambes. Je respire, je respire enfin. Mais oui, déjà, à la clinique traditionnelle, le toubib m’avait dit que j’avais une grosse colère contre… l’opération… et mon état ! Pfou !… Ça me fait du bien.
Et puis on a fait une séance, Didier, Nath et moi, pour travailler sur Christine, sur photo, et on est rentrés tous les trois (les autres étaient en rando ou en soins) à travers la forêt, parlé entre amis, j’ai lavé quelques fringues. Je n’avais pas envie d’écrire tout ça, mais c’est bien quand même. Enketuya m’aime beaucoup, c’est vrai que j’ai un bon feeling avec elle. Je suis libre, je suis dispo. Il me tarde de rentrer à Narbonne. Il me tarde de revenir en Mongolie.
Il est 18 h 30, les autres sont revenus, personne n’est indemne, ça parle fort, ça parle chaud. Avec les yourtes, on entend tout ce qu’il se passe autour. Ça, on peut dire, voyage réussi pour Nathalie ! Et allons bon, deux chamanes de plus sur Narbonne à présent…

JOUR 11
Hier soir, au debriefing, certains ont exprimé leur frustration par rapport aux consultations chamaniques, qu’ils ont trouvées juste comme un entretien avec un psychologue quelconque. Ils auraient aimé du tambour, de la transe, et des réponses ! Je commence à comprendre la philosophie chamanique ici. Viens pas chercher des réponses, mais une « sensation » qui te met, si tu l’écoutes, sur un chemin qui va te remettre dans l’axe et donc te réparer ! Bref, y en a qui sont pas contents ! C’est aussi parce qu’ils ont payé. Hé, hé, moi je n’ai rien payé du tout et j’ai eu tout ce que je voulais !
On repart ce matin, cérémonie très tôt (7 h là-bas). Tout le monde est fatigué, il fait froid et… c’est le bordel, comme d’hab. Ils ont pas organisé, y en a qui sont pas là, une seule voiture pour amener tout le monde… Les Mongols !
Heureusement que Brigitte est là ! Mais bon, tout se met doucement en marche… (disons qu’on aurait pu arriver deux heures plus tard, mais va savoir si ça fait pas partie du tout, 7 heures du mat’, la pleine forêt, transis de froid, à attendre et à regarder se monter le tipi, et à ramasser du bois pour faire du feu et à se demander pourquoi tu es là, décrochage, décrochage, décrochage !…
Tout se met en place, les « déçus » ont leur cérémonie privée, tout le monde est content, je suis de plus en plus intégré, on dirait que je suis avec eux depuis toujours… Enketuya m’affectionne tout particulièrement, et Brigitte itou… Et tout ça se passe dans la plus grande simplicité… Même moi, je me sens à l’aise / Cérémonie / Aucune pression / Là c’est plutôt l’ours qui nous rend visite (et plus l’aigle, dans son halo autour du soleil) / Brigitte Ougods me dit que je dois continuer, me faire confiance, je vole, et je cours, et je rassemble les gens autour de moi… Je le savais déjà, sauf que je l’accepterai mieux désormais, et que j’aurai plus besoin de frimer, de faire semblant !…
Retour, sieste, et atelier théâtre (enfin). Je les ai fait bien travailler. On a terminé sur la chanson de Tom et Jerry. Ils ont semblé ravis. Le road trip tire à sa fin, ça commence à se sentir. Sacré voyage quand même, et pour tout le monde. Personne n’en sortira indemne ! Bravo à Nathalie, je ne sais pas comment elle a fait, mais bravo !
Mais après tout, c’est une chamane, alors…
Ça la touche profondément, Enke et Bri lui ont dit qu’elle devait et allait changer sa manière de travailler et ça tombe bien, elle est en train de vouloir changer ! Nath prend vraiment tout cela au sérieux. C’est une chouette fille, et on aura fait une belle équipe, bordel !
Soirée tarot, et vodka ! On s’est lâchés, c’était bien (toujours les mêmes : Didier, Nath, Jocelyne, Marc, Caroline, Florent, Laetitia) et dodo.

JOUR 12
Dernier tronçon de piste et route avec les chauffeurs et les WAZ wagons (quels engins !…). Tout le monde est un peu fatigué. On a mangé au milieu de nulle part, pique-nique entre deux camions avec bâche pour le soleil (qui tape sérieux !…), en pleine steppe avec Moron au lointain, l’aérogare au lointain et les montagnes pelées derrière. Si, quand même on n’était pas seuls, y avait un troupeau de pattes courtes, au lointain.
Assez surréaliste : au bout du compte, on est partis vers l’aéroport à pied, avec l’impression de s’approcher vers une oasis de… civilisation !
C’est ça qu’il y a de bien en Mongolie, t’as pas à être inquiet, parce que les éventuels emmerdeurs, tu les vois venir de loin !